Conservation des sols/Sols vivants

Sols vivants et agroforesterie sont le socle d’une agriculture du carbone, visant l’auto-fertilité des sols.

Protéger – couvrir – nourrir les sols

Le sol est une ressource non-renouvelable à notre échelle. Ce capital fragile conditionne la productivité des agrosystèmes en stockant les nutriments et l’eau nécessaires à la croissance des plantes. Freiner l’érosion des sols et la perte de fertilité constitue un enjeu majeur pour garantir une productivité durable en agriculture et aller vers la sécurité alimentaire.Voir l’Appel du sol de People 4 soil.

« La forêt précède l’agriculture, le désert lui succède ». Après des millénaires d’agriculture, démontrons maintenant le contraire.

Les trois piliers de l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS) :

  • Arrêter les perturbations causées par le travail du sol, notamment par le semis direct sous couvert ;
  • Couvrir le sol en permanence – toute l’année – par les cultures, leurs résidus, les couverts végétaux d’engrais verts en période d’interculture ou par paillage ;
  • Diversifier fortement les cultures en allongeant les rotations, en associant les espèces au champ.

Ces pratiques de conservation des sols se déclinent tant en grandes cultures qu’en maraîchage, en système conventionnel et en bio.

Aujourd’hui, les techniques de non travail du sol ont prouvé leur efficacité à préserver le sol, augmenter le taux de matière organique, stimuler la vie du sol (vers de terre, mycorhizes, …) et retrouver une structure propice au développement et à la bonne santé des cultures. Néanmoins, l’Agriculture de Conservation des Sols reste très dépendante des herbicides pour contrôler les adventices, mission traditionnellement confiée à la charrue. Des pratiques non chimiques, reposant sur le contrôle des adventices par des plantes compagnes étouffantes, par le pâturage des cultures, ou par des interventions mécaniques minimum sont actuellement en développement.

Remettre les sols en vie

Dans des sols dont le taux de matière organique a chuté, et qui ont perdu leur biodiversité, la remédiation passe par la remise en vie des sols, par l’apport massif de matières carbonées directement épandues au champ. L’utilisation de biodéchets doit être privilégiée afin de « ne pas déshabiller Paul pour rhabiller Jacques ». Une réflexion à l’échelle du territoire devient nécessaire pour évaluer les gisements de biomasse utilisable en agriculture : compost de déchets verts, produit de la tonte et du ramassage de feuilles mortes dans les espaces verts, drèche de bière, marc de café, … et les déchets des uns deviennent l’or noir des sols.

La pratique des engrais verts en période d’interculture, et l’installation d’élevages pâturant dans les territoires pour bénéficier de matières organiques produites localement se veulent des solutions logiques pour nourrir les sols.