Entretien des haies au lamier à scies

Posté le 28 novembre 2025 par Lene Kollmorgen | Actualité, Journées techniques, Non classé

Retour sur l’évènement du 24 octobre 2025 : revoir le programme de cette journée.

Sur la ferme de Boris Canal et Yseult Delgeon à Saint-Augustin (77) sur 7,5 hectares, dont 2,5 ha en production maraîchère diversifiée (vente directe en AMAP), élevage porcin sur 5000 m2 et avec un projet d’introduire des brebis, Agrof’île a organisé le 24 octobre 2025 en partenariat avec l’Etablissement Pareau (entreprise de travaux d’entretien forestiers, production de bois de plaquette, plateforme de compostage, scierie pour bois de construction et menuiserie), une journée dédiée aux techniques d’entretien mécanisé et manuel des haies. 

Les haies concernées se situent à la limite est et sud de la ferme. Elles jouxtent un champ du voisin, semé en céréales. Elles n’ont pas été entretenues depuis la plantation il y a 15 ans. Sur ces haies, l’enjeu est de reconquérir l’espace pour installer une clôture ursus au plus près de la haie, et qui servira de clôture extérieure périmétrale dans le cadre de la biosécurité pour l’élevage de porcs. 

Une autre haie, au nord de la ferme, a été plantée pour brise-vent le long des serres en tunnel de maraîchage (protection des bâches) il y a 5 ans environ, et essentiellement composée de saules de différentes espèces et variétés. Cette haie s’est rapidement développée, et s’étend progressivement sur le chemin, ce qui gênera à terme le passage d’engins. L’agriculteur  craint également la hauteur de certains saules très érigés, qui pourraient alors tomber sur les serres. 

L’établissement Pareau a procédé à la taille latérale de la haie en 2 passages du lamier, composé d’un bras porte outil et de 5 disques de 50 cm de diamètre et une capacité de hauteur de 11 m de coupe verticale et horizontale. Le lamier est monté sur un tracteur de 500 CV (généralement, l’entretien au lamier s’effectue plus tôt en saison, quand les sols sont bien portants – dans notre cas, une bande enherbée le long de la haie et la météo clémente ont permis de ne pas avoir trop d’impact sur le sol). Ce modèle est adapté aux travaux de lisières de forêt (coût 70 k Euros) et surdimensionné pour l’entretien à la ferme. L’investissement pour un petit lamier serait de 30 – 40 k euros (en comparaison d’une épareuse de 15 k euros). Les subventions d’investissement environnemental (FEADER) sont possibles par appel à projet pour 2026 (90% avec plafond) avec la Région Île-de-France. En comparaison à un lamier, on obtient une coupe plus franche sur des branches jusqu’à 10-15 cm de diamètre. L’entretien comprend le dépoussiérage, graissage, l’affûtage des lames 1x/semaine (8h de travail /j fait par un spécialiste) et la désinfection des lames (obligatoire pour le travail avec l’ONF). La durée de vie est de 15 ans environ.

Le passage se fait à une vitesse de 4-5 km/h. La taille horizontale a également été montrée, pour une portion de haie située sous une ligne électrique 20 kV.  La qualité des coupes pour des branches supérieures à 4-5 cm est très satisfaisante. Les branches plus petites présentent parfois des signes d’éclatement. 

Pour un passage, le coût d’entretien est estimé à 53,3 Euro/km avec un lamier à scies par rapport à 20 Euros/km avec l’épareuse selon la Fédération régionale des Cuma de Normandie (Laisney 2023). 

Sur un cycle plus long d’entretien, le coût moyen par an est estimé entre 30 – 78 €/km/an pour un lamier à scies et entre 63 à 144 €/km/an pour l’épareuse (Liagre 2018), car le lamier intervient moins souvent que l’épareuse. 

La journée s’est poursuivie par des démonstrations d’entretien manuel à la tronçonneuse avec la participation de personnes présentes pour la manipulation d’une partie des branches:

  • L’élagage de certaines branches à la tronçonneuse a permis de compléter le travail du lamier, notamment pour retirer les branches qui ont été coupées de manière trop longitudinale par les scies. 
  • Le recépage (coupe à ras du sol) est possible sur une fenêtre de 20 m tous les ans et permet de profiter de la grande capacité de repousse des essences de la haie. Cela permet la mise en lumière du sol et la germination de graines de ligneux, pour la diversification des essences de la haie. 
  • Un trognage a été fait sur un saule marsault en coin de parcelle céréalière et un deuxième trognage sur un saule blanc, qui menaçait d’endommager la serre à coté.
  • Nous avons visité une partie ombragée par de nombreux saules et peupliers au nord de la haie taillée, qui a le potentiel de servir pour un parcours sylvopastoral pour les brebis.

Lors de la visite des parcelles de production maraîchère et du parcours porcins, qui était intégré dans la rotation, l’agriculteur nous a parlé d’un projet de haie sèche, qui est prévue sur la ferme pour valoriser les rémanents des tailles de haies, produites aujourd’hui. 

Tracteur et lamier à scies (5 disques)

Haie arbustive chez B. Canal et Y. Delgeon avant passage du lamier

Zone à potentiel de sylvopastoralisme pour le future troupeau de brebis

Suite au trognage d’un saule marsault (coin de parcelle) et un saule blanc (près des serres)

 

Références:

Laisney, David. 2023. « Entretien des haies : combien coûtent les broyeurs, les débroussailleuses, les lamiers à scies et les sécateurs ? | Réussir machinisme ». https://www.reussir.fr/machinisme/combien-coutent-les-materiels-dentretien-des-haies.

Liagre, Fabien. 2018. « Les haies rurales ». https://www.editions-france-agricole.fr/livres-et-ebooks/productions-vegetales/les-haies-rurales.html.